LES ETATS-UNIS SIGNENT LEUR RETOUR DANS LE FINANCEMENT DE L’AIDE HUMANITAIRE

Deux milliards de dollars américains, c’est le montant de la subvention que les Etats unis ont promis d’allouer aux fonds d’aide humanitaire des Nations-Unies. Cette annonce arrive dans un contexte de besoins vertigineux et de pénurie de financements en faveur de l’action humanitaire dans le monde. Il faut comprendre qu’au-delà du montant, c’est bien une refonte du modèle humanitaire international que Washington entend désormais impulser.

Lors de la signature de cette convention, Jeremy Lewin, le responsable américain de l’aide humanitaire, a livré le sens politique de l’initiative. Pour l’administration Trump, le système humanitaire onusien avait « dépassé les limites », au point de devenir inefficace, coûteux et fragmenté. « Nous avons trouvé un système humanitaire qui avait grossi au-delà du raisonnable, devenu en quelque sorte insoutenable », a-t-il affirmé, pointant des lourdeurs administratives, des initiatives concurrentes et des doublons entre agences.

La réponse américaine se veut radicale. C’est-à-dire mettre fin à des centaines de subventions éclatées au profit d’un mécanisme de financement mutualisé, placé sous l’autorité renforcée des coordinateurs humanitaires sur le terrain. « Au lieu d’avoir toutes ces subventions individuelles fragmentées par projet, le coordinateur humanitaire ou le coordinateur régional d’une région donnée aura le pouvoir et la responsabilité de la coordination », a expliqué Jeremy Lewin, revendiquant un modèle « plus rapide, plus flexible » et recentré sur l’impact immédiat.

« Cet acte de leadership, audacieux et ambitieux, permettra de sauver de très nombreux millions de vies », a salué Tom Fletcher, le chef des affaires humanitaires de l’ONU. Le montant, qui sera versé aux fonds humanitaires pilotés par OCHA, doit permettre de soutenir des opérations vitales dans 17 pays, avec un objectif affiché : sauver des millions de vies en 2026.

Le chef des affaires humanitaires de l’ONU parle d’un « redémarrage humanitaire », fondé sur la « priorisation, l’efficacité, la réforme, le regroupement et le renouveau du système humanitaire ».

Le plan humanitaire de l’ONU pour 2026 vise 87 millions de personnes et nécessite 23 milliards de dollars. Les États-Unis en deviennent le principal contributeur de départ, mais appellent les autres capitales à suivre. Les Émirats arabes unis ont déjà annoncé 550 millions de dollars.

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