« Le village de Bintagoungou était jadis une île jusqu’en 1973, il était entouré par le lac Faguibine. Aujourd’hui, ce lac s’est transformé en une vaste étendue de sable blanc. À l’emplacement de l’eau, d’immenses dunes se sont formées, s’étendant sur des centaines d’hectares. Depuis, nous menons une lutte incessante pour freiner l’avancée du désert et préserver nos terres agro-pastorales ainsi que nos habitations », déclare Hamma Abacrine, maire de la commune rurale de Bintagoungou (région de Tombouctou).
Lorsque les effets du changement climatique et des conflits armés se sont conjugués, les besoins des communautés ont augmenté et leurs vulnérabilités s’aggravent. Depuis 1968, les populations de Bintagoungou subissent les conséquences des sécheresses successives qui bouleversent leur quotidien et compromettent leurs moyens de subsistance.
Le lac Faguibine, autrefois un trésor écologique, jouait un rôle central dans la vie des habitants. Il offrait des ressources abondantes permettant l’agriculture, la pêche et l’élevage. Grâce à cette richesse, les villages environnants prospéraient, exportant céréales, poissons, bétail et autres produits vers le sud du pays, mais aussi vers la Mauritanie et l’Algérie.
Cependant, en 2011, les effets du changement climatique ont entraîné le tarissement du lac. Cette situation a été aggravée par les conséquences du conflit armé, accentuant la fragilité des moyens d’existence des communautés locales.
Pour répondre à ces défis, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a lancé plusieurs initiatives : fixation des dunes pour contenir l’avancée du désert, distribution de semences et d’outils agricoles pour relancer les cultures, et surcreusement des seuils du lac pour restaurer ses fonctions vitales.
« Cette année, en partenariat avec les Services Techniques des Eaux et Forêts de Goundam, le CICR a mis en oeuvre la fixation des dunes entre Tihedjrene et Bintagoungou. Dans le cadre d’un programme de « Cash For Work », plus de 280 chefs de familles ont été mobilisés pour stabiliser une superficie de 20 hectares de dunes. Dotés des outils nécessaires, ils réalisent ce travail en échange d’une compensation financière, leur permettant ainsi de générer un revenu supplémentaire », explique Abdoulaye Idrissa Maiga, Agronome au CICR.
Cette initiative vise à stabiliser les dunes, protéger les habitations et les champs agricoles, et faciliter les déplacements entre les villages. Pour Hamma, « les zones stabilisées représentent une opportunité de développement- Elles pourront être utilisées de manière durable pour des activités agro-pastorales ».
Source bulletin d’information, juin -décembre 2025
