OCHA APPELLE À LA FLEXIBILITÉ DES BAILLEURS POUR SAUVER 24 MILLIONS DE PERSONNES EN SITUATION D’URGENCE AU SAHEL.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), 24,3 millions de personnes passera au Mali, au Burkina Faso, au Niger et sur les côtes ouest-africaines ont un besoin urgent d’aide humanitaire. Ce sont des mères qui ne peuvent nourrir leurs enfants, des familles qui ont fui pour sauver leur vie, cherchant refuge sans rien, des enfants qui n’ont pas mis les pieds à l’école depuis des années…

Près de 12 900 écoles sont fermées en raison de l’insécurité, privant plus de 2,3 millions d’enfants d’éducation et les exposant à l’exploitation et au recrutement forcé dans les groupes armés. Les chocs climatiques aggravent les souffrances. Le Sahel se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale.

Rien qu’en 2025, 590 000 personnes au Sahel ont été touchées par des inondations dévastatrices, tandis que des sécheresses prolongées et la désertification détruisent les terres agricoles dont dépendent les moyens de subsistance de millions de personnes.

Et puis vient la faim. Durant la prochaine période de soudure, de juin à août 2026, 15,4 millions de personnes devraient être confrontées à une insécurité alimentaire critique, voire pire. Plus de 1,5 million d’entre elles pourraient se retrouver en situation d’urgence, c’est-à-dire incapables de satisfaire leurs besoins alimentaires de base sans aide extérieure urgente.

Ces chiffres pourraient encore augmenter car le conflit en cours au Moyen-Orient fait flamber les prix mondiaux des carburants, des engrais et des produits alimentaires, avec des conséquences directes pour les familles sahéliennes déjà au bord du gouffre…

Malgré des besoins croissants, le financement humanitaire pour le Sahel a chuté à son plus bas niveau depuis dix ans. En 2025, seuls 29 % des fonds nécessaires ont été reçus, contraignant les organisations humanitaires à suspendre leurs services, à se retirer de certaines zones et à faire des choix impossibles quant aux bénéficiaires de l’aide.

« Les populations du Sahel ne sont pas à l’écart d’une crise mondiale ; elles sont au cœur même de l’une des situations d’urgence les plus graves et les plus négligées au monde. Chaque manque de financement a un coût humain. Lorsqu’un programme est réduit, un enfant est privé de repas, les femmes et les filles de protection, une famille perd espoir. Nous ne pouvons pas permettre qu’un effondrement du financement devienne une condamnation à mort pour des millions de personnes » a déclaré Charles Bernimolin, chef régional d’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Les partenaires humanitaires s’adaptent déjà, en augmentant l’aide financière, en renforçant les systèmes d’alerte précoce et en investissant dans les organisations locales qui atteignent les populations là où d’autres ne le peuvent pas. Mais l’adaptation a ses limites.

« Des solutions et des capacités existent. Il nous faut davantage de volonté politique et de financements à la hauteur de la crise », a plaidé le chef régional d’OCHA pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

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