La dégradation de la situation alimentaire et une faible production agricole en lien avec les inondations de septembre 2024 avaient durement affecté les moyens d’existence de plusieurs centaines de personnes dans le cercle de Gao. Face à cette crise de la faim, Oxfam au Mali, en partenariat avec ECHO, un projet d’assistance humanitaire de l’Union européenne, a transféré de l’argent liquide à 12 200 personnes.
Nafou Ahmane, une menagère de 32 ans et mère de 4 enfants, vivant à Sossokoira, au 7eme quartier de la ville de Gao, fait partie des bénéficiaires.
Nous avions à peine les trois repas quotidien

Nafou Ahmane n’a pas caché son sentiment après avoir perçu de l’argent. « Vers la fin de la période de soudure pastorale en 2024, mes enfants et moi avions réellement vécu les moments les plus pénibles à cause de l’insécurité alimentaire exacerbée par une conjoncture économique difficile. N’eue été de l’aide des parents, nous n’aurions pas eu les trois repas quotidiens. J’étais dans une sorte de résignation face à cette crise de la faim » explique-t-elle
La petite somme qui change des vies.

« J’ai bénéficié de 125 000 FCFA, soit 190 euros. Cette somme m’a permis d’acheter des vivres pour la famille. J’ai aussi réservé une partie de l’argent pour commencer le commerce des légumes et des ingrédients. Les femmes du quartier viennent acheter les condiments » poursuit-elle.
Nafou Ahmane a pu effectivement créer cette activités génératrice de revenus. Son étal est rempli de condiments de toutes sortes et des légumes frais tels que le persil, le poivron, la tomate et les oignons. Apparemment, notre héroïne est très satisfaite de sa situation actuelle. « J’arrive à couvrir les besoins de ma famille. La petite somme retranchée pour faire le petit commerce a changé ma vie et m’a redonné une réelle lueur d’espoir. Je fais non seulement de la bonne sauce pour les enfants mais aussi épargner un peu d’argent pour la tontine et des imprévus » conclu-telle.
Selon plusieurs témoignages dans le quartier, Nafou Ahmane épargne plusieurs femmes d’aller chaque fois au marché pour obtenir des ingrédients. « A côté, elle nous approvisionne d’un peu de tous les condiments au même prix que le grand marché » témoigne une cliente.
Sayon, Mali Nexus
