« Je travaille comme volontaire pour ma localité et pour ma commune. Nous sensibilisons les femmes et les incitons à effectuer les pesées dans les Centres de Santé Communautaire (CSCOM) », explique Farimata Abdoulaye.
Cette voix est celle de Farimata Abdoulaye, une « maman Yeleen », ou « maman lumière », qui éclaire le chemin des autres. Elle est aussi un relais communautaire travaillant pour le CSCOM de son village, Bagoundjé, situé dans la région de Gao.
À 65 ans, Farimata Abdoulaye trouve toujours du plaisir à servir sa communauté. Pour elle, c’est un devoir de contribuer au développement local par des actions positives.
« Autrefois, quand il n’y avait ni centre de santé ni agents relais, les femmes accouchaient à domicile et le taux de mortalité était très élevé. Elles ne faisaient aucune visite prénatale ni postnatale, et Les enfants n’étaient pas pesés. Beaucoup ne possédaient pas d’acte de naissance, ce qui causait de grandes difficultés au moment de l’inscription à l’école », se souvient Farimata.
Fatoumata Abdrahamane, habitante de Bagoundjé, participe régulièrement aux séances de sensibilisation animées par les relais communautaires. Elle se sent à l’aise pour poser des questions et mieux comprendre les comportements à adopter en tant que maman. « Avant, nous n’avions pas toutes ces informations. Dès le premier mois de grossesse, il faut effectuer les pesées, et pour l’accouchement, il est préférable d’aller au centre de santé, car à domicile, il peut y avoir des complications. Le centre est sûr et bien équipé » se confie-t-elle.
Aïchata, également de Bagoundjé, confirme les propos de Farimata sur l’importance de ces séances, ajoutant qu’elle se sent désormais mieux outillée en matière de pratiques familiales essentielles… « Nous remercions l’UNICEF, qui a fait de son mieux. Les relais sont bien formés et viennent à leur tour nous sensibiliser … Si la grossesse est confirmée, il faut se faire peser et se faire vacciner pour préserver sa santé, car la santé est primordiale… Après l’accouchement, Il faut aussi établir les extraits de naissance des enfants, car sans acte de naissance, un enfant n’a pas d’identité, n’existe pas et devient apatride dans son propre pays » explique-t-elle.
Aujourd’hui, la situation a changé. Les actions que mènent les relais communautaires apportent beaucoup d’avantages. Les femmes se rendent aux CSCOM. Elles font la pesée, utilisent les moustiquaires, les enfants ont leurs extraits de naissance, et bien d’autres choses. « Il y a eu beaucoup de changements, grâce à Dieu », se félicite Farimata, la “Maman Yeleen”.
Elle remercie les ONG et toutes les personnes qui accompagnent sa communauté, citant notamment la population locale, le Gouvernement du Mali initiateur du PAFEEM, l’UNICEF, le CIAUD, ainsi que la banque mondiale pour son appui financier….
… En effet, grâce au travail des relais communautaires, les femmes de Bagoundjé intègrent désormais les consultations prénatales et postnatales dans leur quotidien, ce qui contribue à réduire la mortalité infantile…
Ces séances de sensibilisation, organisées dans le cadre du projet de Promotion de l’Accès au Financement, à l’Entrepreneuriat et à l’Emploi au Mali (PAFEEM), contribuent au bien-être des femmes — en particulier des jeunes mamans — en leur transmettant les bonnes pratiques pour mieux s’occuper de leurs enfants…
Le financement du projet PAFEEM, s’inscrit pleinement dans la Stratégie Nationale pour l’Émergence et le Développement Durable (SNEDD 2024-2033), qui met en œuvre la vision « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », conformément à son axe 3 : “Transformation structurelle de l’économie et croissance”. Les activités du PAFEEM s’articulent autour de cinq composantes, dont la Composante 3 : “Appuyer les Activités Génératrices de Revenus (AGR) et la création d’emploi”, mise en œuvre avec l’appui opérationnel de l’UNICEF.
Source UNICEF
