Mariam Coulibaly est une bénéficiaire du projet de « Renforcement de l’accès équitable aux services intégrés socio-sanitaires au Mali (RAESS). Handicapée visuelle, mariée et enseignante, elle raconte son handicap, les difficultés qu’elle rencontre au quotidien et livre un message fort sur le respect des droits des personnes vivant avec handicap.
« Je me nomme Mme Coulibaly Mariam Tely. Je suis enseignante à l’Institut national des aveugles du Mali, présidente du comité des femmes aveugles du Mali. Je suis non voyante. Je suis marié et j’ai eu quatre garçons, dont deux sont décédés. Mon mari est malvoyant.
J’ai découvert ce handicap quand j’avais entre 6 et 7 ans. J’ai étudié de la première à la sixième année à l’Institut des jeunes aveugles du Mali. Grâce à Dieu, je n’ai rencontré aucune difficulté et j’ai pu apprendre le braille. J’ai passé mon certificat d’études primaires en utilisant l’écriture braille. Après avoir passé cet examen, nous avons intégré l’école normale avec les voyants.
Après mon bac, je suis partie à l’institut de formation des maitres de Sévaré, où j’ai passé deux ans. J’ai terminé ma formation en 2005, et la même année, en octobre 2005, j’ai été recrutée à l’Institut national des aveugles du Mali.
Souvent, je rencontre des difficultés dans la rue, parce que lorsque les gens aperçoivent une personne handicapée visuelle, ils associent automatiquement la personne à un mendiant. Il arrive parfois où les gens viennent me proposer des pièces de 10 francs CFA, et c’est à ce moment que je leur dis que je ne suis pas une mendiante et que je me rends juste sur mon lieu de travail.
Quelquefois, arrivée au goudron, j’ai d’énormes difficultés pour traverser la route. Au marché aussi, alors que j’ai ma canne à la main, certains me disent sans réfléchir : « Elle s’est cognée contre mes marchandises ».
Le projet a organisé une consultation dans la cour de l’Institut national des aveugles du Mali. (…) Ils ont fait deux consultations. L’une sur la planification familiale, et l’autre sur les consultations générales. Environ 20 filles ont également bénéficié de divers services dans le cadre de ce projet.
Je voudrais exhorter la Fédération et l’UNFPA, de ne pas cesser de faire ces consultations, parce que ça nous enseigne beaucoup de choses et ça aide aussi nos filles majeures à arrêter certaines pratiques et à savoir comment planifier leur vie en évitant les grossesses non désirées.
Le message que je lance à la communauté est qu’il ne faut pas humilier un handicapé. Il est important aussi de respecter nos droits, comme tous les autres. Lorsque nous sommes dans un rang, il ne faut pas nous mettre par derrière. Si on dit par exemple au docteur qu’il y a une personne en situation de handicap, il doit automatiquement la recevoir en consultation.
J’aimerai dire à mes collègues et aux personnes en situation d’handicap qu’on peut effectuer toutes les tâches que les autres effectuent. Nous devons montrer aux autres que nous pouvons tout faire. Même sur nos lieux de travail, nous devons montrer aux autres que nous pouvons accomplir toutes les tâches que les autres accomplissent.
Source UNFPA
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