Dans un communiqué de presse publié le 11 décembre 2025, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) alerte sur les conséquences des coupes budgétaires dans l’aide humanitaire, alors la crise s’étend du nord et du centre vers le sud du Mali.
Le communiqué précise qu’au dernier trimestre 2025, les incursions armées se sont déplacées vers le sud, étendant ainsi la zone de souffrance humaine. En septembre, des groupes armés ont lancé un blocus de carburant contre Bamako, la capitale du Mali, attaquant des camions-citernes et ciblant des villages du sud du pays. Ce blocus a provoqué une pénurie de carburant sans précédent dans le sud et le centre du pays et a aggravé la situation socio-économique et humanitaire, annonce le communiqué.
« Il est profondément inquiétant de voir le conflit s’étendre au sud, une région considérée comme le grenier du pays. La fin de l’année marque généralement le début des récoltes agricoles. Le déplacement des populations et leur incapacité à cultiver leurs terres sont un facteur précurseur d’insécurité alimentaire », a déclaré Maclean Natugasha, directeur du NRC au Mali.
Dans le même temps, le pays a subi de fortes réductions des financements alloués à l’aide humanitaire. Le plan de réponse humanitaire pour le Mali n’est financé qu’à hauteur de 18 %, ce qui en fait le plan le moins bien financé d’Afrique. Le financement total disponible a été réduit de moitié, passant de 285 millions de dollars américains en 2024 à 141 millions de dollars américains depuis le début de l’année.
« Au Mali, l’impact des coupes budgétaires sur l’ensemble du secteur humanitaire est cruellement visible », a déclaré Natugasha. « Les bureaux de terrain ont fermé et les organisations humanitaires ont envoyé des messages aux communautés et aux autorités des zones qu’elles ont dû quitter. Les structures de santé réduisent leurs services et nous avons reçu des informations faisant état de problèmes de protection, car certaines filles et femmes sont contraintes d’adopter des stratégies de survie extrêmes, comme le travail du sexe, dans certains camps de déplacés. »
Le NRC est particulièrement préoccupé par l’impact des réductions d’aide sur les enfants. Fin octobre, plus de 2 000 écoles dans les régions touchées par le conflit restaient fermées, compromettant l’avenir de près de 700 000 enfants et 14 000 enseignants.
« Il est essentiel d’assurer l’éducation de ces enfants, tant pour leur bien-être psychosocial actuel que pour leur donner l’espoir d’un avenir meilleur. Or, le secteur de l’éducation a été particulièrement touché par les coupes budgétaires de cette année », a ajouté Natugasha.
Au Mali, cette situation a engendré chez beaucoup un sentiment d’abandon.
« Des gens sont venus dans notre village et ont tout détruit : nos maisons, nos greniers, nos biens », raconte Djenaba, une habitante du village de Saré-Ma, dans la région de Mopti. « Ils ont pris nos animaux et tué des gens. Ils nous ont ordonné de quitter le village. Nous sommes partis sans rien. Nous avons trouvé refuge ici. À notre arrivée, la communauté d’accueil nous a donné des vêtements et des chaussures. Nous espérons encore recevoir davantage d’aide. »
« Il est nécessaire de repenser la solidarité internationale envers les populations en situation de crise. Le Mali est au bord du gouffre. Les donateurs doivent intensifier leurs efforts et fournir un financement d’urgence et à long terme pour aider les communautés à survivre aujourd’hui et à reconstruire leur avenir », a déclaré Natugasha.
Source NRC au Mali
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