Au mois de décembre 2025, 55 incidents d’accès humanitaire ont été recensés, soit une hausse de 34 % contre 41 incidents en novembre. Les contraintes liées à la présence d’engins explosifs improvisés ont connu une forte augmentation de 155 %, passant de 9 cas en novembre à 23 en décembre. Cette menace liée aux engins explosifs improvisés demeure la principale cause des restrictions de déplacement pour les acteurs humanitaires et des blocages d’accès routier principalement dans les régions de Ségou, Sikasso et Tombouctou.
Les violences contre les travailleurs humanitaires ont également doublé, avec 8 incidents contre 4 en novembre. Trois enlèvements de personnel humanitaire ont été signalés dans les régions de Ségou et Tombouctou. Ces actes de violence compromettent la sécurité du personnel et retardent l’acheminement de l’aide humanitaire.
Dans la région de Tombouctou, l’accès humanitaire reste fortement restreint dans le district de Léré, privant plus de 600 ménages d’une aide vitale et rendant les déplacements et les interventions difficiles. Les communes de Gourma, Diré et Niafunké, désormais rattachées au district de Saréféré, sont confrontées à des difficultés d’accès accrues en raison de la présence d’acteurs armés.
La montée des eaux du fleuve Niger et de ses affluents, bien qu’encore inférieure à celle observée à la même période l’an dernier, a réduit la capacité des acteurs humanitaires à se déplacer dans certaines zones riveraines. Dans la région de Mopti, les crues du Niger, conjuguées à l’insécurité et au manque d’infrastructures routières, continuent de limiter l’accès aux zones de Tenenkou et de Youwarou.
Dans la région de Sikasso, le sabotage des infrastructures de communication s’est poursuivi, avec deux incidents visant des antennes de téléphonie mobile à Keleya et Zantiebougou. Plusieurs incidents ont été signalés sur la Route Nationale 7, axe routier essentiel pour l’approvisionnement en carburant.
La reprise des vols humanitaires vers Kidal a amélioré l’accès à cette région, permettant l’acheminement de l’aide humanitaire et les évacuations médicales.
Les organisations humanitaires ont renforcé leurs mesures de continuité en fin d’année grâce à une planification rigoureuse des déplacements et à l’utilisation systématique des notifications de mouvement.
Source OCHA
